Satine

Une casquette vissée sur la tête, une besace sur l’épaule, Satine appartient à un monde pressé, Paname, où les fourmis sont reines. Elle tente de s’évader en griffonnant des pages, en assemblant des bouts de magazines à des matériaux déroutés, collages où elle aime à raconter une histoire… Peu à peu, elle se projette dans un autre monde qu’elle n’identifie pas encore.

Début du nouveau millénaire, un ‘marchand aguerri’ croise sa route, il se penche sur ses collages et immédiatement repère sa sensibilité. Ensemble il travaille et lui propose de réaliser des albums photos de luxe pour des mariages. Page après page, l’histoire d’un jour est brodée, collée, illustrée dans ses moindres détails. De découpage en montage, l’envie de faire ses propres photos naît. Satine rajoute alors à ses carnets de notes les cartes mémoires de ses images saisies. Un projet se dessine : réaliser un carnet de bord en suivant des personnes, un événement.

2007, la porte du Planet Live s’ouvre, elle se faufile. Elle suit pendant trois jours le groupe Indochine et l’Orchestre Philarmonique d’Hanoï. Entre cordes et notes, elle filera une histoire, ajustant photos, collages et bouts de papiers griffonnés. Ce carnet de bord lui permet d’ancrer sa patte artistique. C’est le déclic.

Elle se développe dans la photo documentaire, une sensibilité à fleur de peau, elle foule le sol, laisse flotter un œil témoin… pour capturer des moments bruts de vie jusque dans leur moindre détail. En parallèle, Satine se met à ‘gratter des toiles’. Composer, décomposer, recomposer une image est son empreinte. L’alliance des matières et des matériaux laisse échapper pigments de lumière et de couleurs fortes. S’ensuivent collage, brossage, ponçage… Les failles qui se dessinent sont alors creusées, les écorchures prononcées, les décrochages accentués. Le souci du détail, presque obsessionnel, est conforté. Sa création ne se fait qu’à l’instinct. Rien n’est défini à l’avance, tout commence au lâcher-prise.